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MEDECINS D'AFRIQUE
ONG Internationale des Médecins et Acteurs de Santé pour la Promotion des Soins de Santé Primaires
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(00242) 81.18.81
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09.03.2007 : OUGANDA : PROBABLE INTOXICATION AU METHANOL A CAUSE DES ALCOOLS FRELATES
   Le décès d’environ 40 personnes probablement dû à la prise d’alcool frelaté en Ouganda pose de manière cinglante l’inorganisation des services de surveillance sanitaire en Afrique. Pour faire face aux difficultés économiques, il se développe de plus en plus en Afrique des activités génératrices de revenus. Par exemple, les boissons alcoolisées locales et traditionnelles sont de plus en plus prisées, ouvrant ainsi une voie à un commerce juteux pouvant soutenir financièrement une famille. Ces initiatives sont donc bonnes et salutaires. De plus, valoriser les boissons traditionnelles est aussi une des voies pour aller vers une indépendance économique. Pour autant, si le processus de fermentation et de distillation n’est pas contrôlé, les fabricants se retrouvent avec un alcool souillé à des degrés divers par le méthanol.

Le méthanol est un composé très toxique. La dose létale (DL50) est comprise entre 6 et 14 g/kg chez divers animaux (rat, chat, chien…) par voie orale et de 16 g/kg de lapin par voie cutanée. Une absorption de 100 à 250 ml soit 1-4ml/kg pour un adulte de 60 kg) peut être mortelle pour l'homme, bien que des cas de mort soient survenus pour moins de 30 ml. Une absorption même moindre peut causer de nombreuses complications. Les complications habituelles de l'intoxication aiguë par le méthanol sont une toxicité neurologique et rétinienne, ces troubles étant en rapport avec l'acidose métabolique et l'accumulation d'acide formique dans l'organisme. D'autres complications sont possibles, de type lésions rénales et pancréatiques.

Ce drame ougandais, comme celui dernièrement du riz contaminé de Pointe Noire au Congo Brazzaville ne peuvent que nous faire réfléchir sur nos systèmes de santé. Notamment, le manque d’un système de contrôle qualité des produits alimentaires et médicaux consommés dans la plus part des pays d’Afrique. Tant que ne seront pas mis à la disposition des producteurs des moyens même fédérés pour vérifier la qualité de leur production, hélas d’autres drames sont en perspectives. Les 50 villageois tués par l’alcool frelaté au Kenya en 2005 en est un autre témoignage d’une série d’intoxication collective fréquente en Afrique. Malheureusement les réponses apportées restent faibles et non systémiques.


27.02.2007 : LA REPONSE DE LA SOCIETE CIVILE AUX QUESTIONS DE SANTE
   Dans aucun pays au monde, les gouvernements se chargent de tout faire. Nous savons que les questions de santé sont des prérogatives de l’Etat. C’est donc de son devoir de s’engager activement pour que l’objectif de «Santé pour tous» soit une réalité concrète. C’est pour sortir de la dérive notionnelle qui consiste à déclarer les bonnes intentions qui ne restent que des intentions qu’est née entre autres l’initiative de Bamako. En 1987, lors du 37ème comité régional de l’OMS au Mali, les ministres de santé africains avaient voté une résolution allant dans le sens de favoriser la participation communautaire. Cette dernière, nous insistons bien devait s’impliquer activement en prenant en charge son système de soins et par la même occasion son destin.

C’est dans cet élan salutaire que de nombreuses ONG ont été créées. Nous sommes conscients que beaucoup d’ONG sont encore dans l’improvisation, n’empêche que la volonté y est. Ces ONG sont obligées de se professionnaliser. Et c’est là que les difficultés commencent. Sur le terrain, certaines sont regardées comme concurrentes aux systèmes gouvernementaux de santé alors que c’est du rôle des politiques publiques de les épauler, de les recentrer et surtout aussi de leur donner les moyens d’agir soit par des subventions, des mises à disposition de locaux etc. ceci dans la transparence, le sérieux, pour éviter de créer encore des niches de détournement des fonds publics. Certaines ONG du Nord voient aussi cette émergence des ONG du Sud comme un frein à leur projet alors qu’il faut établir des synergies. D’autres encore viennent débaucher sans scrupule les éléments compétents de ONG du sud via des salaires qu’aucune ONG du sud ne pourra disponibiliser. Les grands bailleurs ne semblent pas toujours aussi disposés à soutenir financièrement et techniquement la structuration et l’autonomisation des partenaires du sud. Ainsi, seuls les mastodontes de la communication associative sont capables de mieux crédibiliser leurs actions, de construire leur notoriété et finalement de capter les gros moyens. Sauf si l’objectif est de remplir une jarre percée, il est plus que urgent de rationaliser les dispositifs d’appui institutionnel, de renforcement des capacités de la société civile et surtout que s’établisse un vrai dialogue entre la société civile et les services publics de santé en Afrique pour le bien des malades et des futures malades que nous sommes.

Je pense toujours à une question qu’une collègue française m’a posée : pourquoi de nombreux dirigeants africains quittent leurs pays pour aller se faire soigner à l’étranger ? n’ont-ils donc pas confiance en leur système de santé ? C’est donc à tous de relever le défi de la santé en Afrique : les politiques, la société civile et les vrais amis de l’Afrique. L’Afrique est le berceau de l’humanité, jusqu’à quand continuerons-nous à ne pas respecter cette mère qui nous a tout donné ?


04.08.2006 : L'AFRIQUE FACE A LA GRIPPE AVIAIRE
   Une fois de plus, la multiplication des épidémies à travers le monde nous fait réfléchir sur les capacités organisationnelles de notre... continent pour y faire face. Il est plus que certain que la grippe aviaire, via les oiseaux migrateurs, risque d’atteindre tôt ou tard l’Afrique. Compte-tenu du manque de structures et de moyens, il faut dès maintenant réfléchir par sous-région à la réponse à apporter pour l’intérêt sanitaire de nos populations, déjà assez touchées par les maladies actuelles (paludisme, SIDA, etc.) sans compter la malnutrition. Ainsi, La FAO est préoccupée par la situation en Afrique orientale où les services vétérinaires, du fait d'un certain nombre de contraintes, devraient rencontrer plus de difficultés pour mener à bien des campagnes d'abattage et de vaccination. Il faut à tout prix éviter que ce virus cause en Afrique une nouvelle maladie endémique. Cela implique que tous les pays concernés déploient leur efforts de manière coordonnée, et renoncent aux discours inutiles.


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